2009-09-30

Angela Merkel, une chance pour la France ?

Marrant comme Le Monde et Libertas peuvent avoir une conception opposée de l'intérêt de la France et des Français :

Edito du Monde : "(...) A force de gouverner au centre sans beaucoup d'imagination et de gérer l'héritage des réformes de son prédécesseur social-démocrate Gerhard Schröder, la chancelière a délaissé un énorme flanc sur sa droite, dont a profité le FDP. Sur le papier, elle sort renforcée de ce scrutin, mais elle est désormais sous la pression de ses nouveaux alliés libéraux, ce qui va à l'encontre de sa nature et ne fera les affaires ni des Européens ni des Français.
Car le FDP n'est plus le parti proeuropéen de l'éternel ministre des affaires étrangères Hans-Dietrich Genscher (1974-1992). Il conteste la politique agricole commune, ne veut pas de politique industrielle ni de gouvernement économique et se refuse à des engagements trop contraignants en matière de lutte contre le réchauffement climatique qui pénaliseraient l'industrie allemande. Il va renforcer la tendance allemande à mettre par-dessus tout la compétitivité du pays, accentuant ses excédents commerciaux au détriment de ses partenaires européens. A Angela Merkel de démontrer que la première économie du Vieux Continent doit et sait aussi penser européen. Dans son intérêt à long terme."

Libertas écrivait, à propos du même événement : "En Allemagne, la victoire d'Angela Merkel, et l'annonce d'une coalition noire-jaune (conservateurs et libéraux), en remplacement de la "grande coalition" noire-rouge (conservateurs et sociaux-démocrates), est la meilleure des nouvelles pour la France : la chancelière allemande est plus soucieuse des finances publiques que le président français, et le pays le plus peuplé d'Europe infléchit sa route, de la sociale-démocratie vers une politique plus libérale. Partager le pouvoir avec la CDU était l'unique possibilité, actuellement, pour le FDP mené par Guido Westerwelle de prendre part à la direction du pays.
C'est bon pour l'Allemagne, c'est bon pour la France, c'est bon pour l'Europe."

Libéral mais non coupable

Le dernier ouvrage de l'excellent Charles Gave vient de paraître.


2009-09-27

Victoire de Merkel, joie pour la France

En Allemagne, la victoire d'Angela Merkel, et l'annonce d'une coalition noire-jaune (conservateurs et libéraux), en remplacement de la "grande coalition" noire-rouge (conservateurs et sociaux-démocrates), est la meilleure des nouvelles pour la France : la chancelière allemande est plus soucieuse des finances publiques que le président français, et le pays le plus peuplé d'Europe infléchit sa route, de la sociale-démocratie vers une politique plus libérale. Partager le pouvoir avec la CDU était l'unique possibilité, actuellement, pour le FDP mené par Guido Westerwelle de prendre part à la direction du pays.

C'est bon pour l'Allemagne, c'est bon pour la France, c'est bon pour l'Europe.

Lien : élections fédérales allemandes de 2009

2009-09-23

Le test géorgien, un nouveau Munich ?

Alors que l'Europe commémore la honte du pacte germano-soviétique et des accords de Munich et s'apprête à célébrer le vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin, une question s'impose : avons-nous retenu les leçons de l'Histoire ? Sommes-nous capables de ne pas répéter aujourd'hui les erreurs qui ont à ce point assombri le XXe siècle ?

Déplorer ou célébrer des événements passés ne présente aucun intérêt si nous restons sourds à leurs enseignements. De telles commémorations seront utiles seulement si elles nous permettent d'apprendre à agir autrement dans le présent et l'avenir. En Europe même, force est de constater que l'Histoire n'est pas finie et qu'elle demeure tragique. Vingt ans après l'émancipation de la moitié de notre continent, un nouveau mur se construit en Europe : sur le territoire souverain de la Géorgie.

Définir une stratégie active

Il s'agit d'un défi majeur pour les citoyens, les institutions et les gouvernements européens : acceptera-t-on que les frontières d'un petit pays soient changées par la force et de manière unilatérale? Tolérera-t-on l'annexion de facto de territoires étrangers par une grande puissance? Pour que les commémorations historiques qui s'annoncent aient un sens, nous appelons solennellement les leaders des 27 démocraties qui composent l'Union européenne à définir une stratégie plus active pour aider la Géorgie à recouvrer pacifiquement son intégrité territoriale et à obtenir le retrait des forces russes présentes illégalement sur son sol.

Nous n'appelons pas ici à une quelconque confrontation avec Moscou ni ne souhaitons le moindre retour à l'atmosphère hostile de la guerre froide, nous disons juste qu'il est primordial de ne pas se tromper dans les signaux envoyés au pouvoir russe actuel. Alors qu'une commission, mise en place par l'Union européenne et dirigée par la diplomate suisse Heidi Tagliavini, s'apprête à rendre son rapport sur les causes de la guerre russo-géorgienne, nous appelons les dirigeants européens à se remémorer quelques vérités héritées d'un passé pas si lointain.

Tout d'abord une grande puissance trouve toujours des prétextes pour envahir un voisin dont elle n'accepte pas l'indépendance. Souvenons-nous : Hitler accusa les Polonais d'avoir ouvert le feu les premiers en 1939 et Staline imputa aux Finlandais la responsabilité de la guerre qu'il déclencha contre eux en 1940. La question fondamentale est de savoir quelle est la nation occupée et quelle est la nation occupante, qui a envahi qui, plutôt que qui a tiré la première balle.

Ensuite, l'absence de réaction claire des démocraties occidentales face à l'agression et au démembrement d'une nation amie, si petite soit-elle, peut avoir des conséquences globales très graves. L'Union européenne fut fondée en réaction à l'esprit de capitulation de Munich et face à la mise en place du rideau de fer. Il serait catastrophique aujourd'hui qu'elle paraisse avaliser le retour de conduites qui plongèrent l'Europe dans la guerre et la division au siècle passé. Il en va de l'avenir de cette aventure, à laquelle nous avons consacré nos vies et nos œuvres, la réunification pacifique du continent européen.

Vaclav Havel, Valdas Adamkus, Mart Laar, Vytautas Landsbergis, Otto de Habsbourg, Daniel Cohn-Bendit, Timothy Garton Ash, André Glucksmann, Mark Leonard, Bernard-Henri Lévy, Adam Michnik, Josep Ramoneda.

Le Monde. Article paru dans l'édition du 23.09.09.

2009-09-15

Mitterrand contre l'utopie libertarienne

"Les artistes se souviendront que nous avons eu le courage politique de rompre enfin avec le laisser-faire et de protéger le droits face à ceux qui veulent faire du net le terrain de leur utopie libertarienne", a lancé M. Mitterrand, s'exprimant devant les députés à l'issue du vote. Source : Yahoo!, 2009-09-15.

Le prix le plus bas n'est pas forcément le meilleur

"S'exprimant devant les députés du groupe UMP, Nicolas Sarkozy s'est déclaré « assez réservé sur le choix d'un quatrième opérateur de téléphonie mobile ». Le président a justifié ce scepticisme en disant que « le prix le plus bas n'est pas forcément le meilleur »."

Source : Le Figaro.fr, 2009-09-15

!!!

Citations libérales

"Tandis que la règle du capitalisme américain est 'permettre aux nouvelles entreprises de voir le jour', il semble que celle du capitalisme français soit 'permettre aux vieilles entreprises de ne pas mourir' ! Mais le capitalisme français ne peut obtenir ce résultat contre nature sans une intervention active de l'Etat. C'est ce qui doit changer" (Léon Blum)
Source : Augustin Landier & David Thesmar, Le grand méchant marché

Gustave Courbet dans sa Lettre au ministre des beaux-arts, à propos de la Légion d'honneur (cité par Edwy Plenel dans son blog sur Mediapart) : "Souffrez donc, Monsieur le ministre, que je décline l'honneur que vous avez cru me faire. J'ai cinquante ans et j'ai toujours vécu libre. Laissez-moi terminer mon existence libre : quand je serai mort, il faudra qu'on dise de moi : celui-là n'a jamais appartenu à aucune école, à aucune église, à aucune institution, à aucune académie, surtout à aucun régime, si ce n'est celui de la liberté."

Bertrand Delanoë (socialiste) : "Je suis libéral" (De l'audace, mai 2008).

Elisabeth Guigou (socialiste) : "le libéralisme politique, c'est notre histoire" (Le Monde.fr, 24 mai 2008).

Dans le Figaro du 29 août 2005 : "Acceptons d'être qualifiés de libéraux, en le prenant comme un compliment. Soyons fiers d'être porteurs de la liberté, première promesse de la République, premier mot de sa devise" (Alain Lambert, fondateur du club de sénateurs Courage et Convictions).

"L'Etat n'a rien inventé et n'invente rien" (Paul Leroy-Beaulieu)
Source : Augustin Landier & David Thesmar, Le grand méchant marché

Georges Pompidou, 1966 : "Mais arrêtez donc d'emmerder les Français : Il y a trop de lois, trop de textes, trop de règlements dans ce pays. On en crève ! Laissez-les vivre un peu et vous verrez que tout ira beaucoup mieux."

Ségolène Royal (socialiste) : "les véritables héritiers de la belle tradition du libéralisme politique, l'autre nom de la démocratie, sont à gauche" (Le Point, 27 mars 2008).



Libéralophobie

Selon l'AFP Paris, 2008-09-20 : "Martine Aubry [conseillère d'État, maire de Lille] s'est lancée samedi à Paris à la conquête du Parti socialiste en fustigeant 'le libéralisme' et revendiquant un ancrage 'clairement à gauche' qu'elle défendra en conduisant une motion pour le congrès de Reims à la mi-novembre. (...) Elle a critiqué 'le libéralisme financier qui a envahi toute l'économie et même la société'. (...) L'ancien ministre a fustigé un 'Nicolas Sarkozy qui applique avec archaïsme strictement le modèle libéral classique'."

Michel Barnier, ministre de l'agriculture, critique « un trop grand libéralisme, une trop grande confiance faite au marché, avec des phénomènes de spéculation internationale sur les matières premières qui sont nouveaux et qui (l)'inquiètent (...) On ne doit pas laisser l'alimentation des gens, question vitale, à la merci des seules lois du marché et de la spéculation internationale ». Michel Barnier, Le Parisien, 14 avril 2008.

Marie-George Buffet
(PCF) était candidate de la "gauche populaire et antilibérale soutenue par le parti communiste français" le 22 avril 2007.

Jean-Pierre Chevènement (MRC), en 2006, se présente comme le meilleur "candidat antilibéral républicain" (Le Figaro, 14 novembre 2006).

Jacques Chirac : "nos sociétés ont essayé de réagir, avec le communisme, contre la misère et l'inégalité. (...) Mais le libéralisme est lui aussi dangereux et conduira aux mêmes excès. C'est pourquoi on cherche une solution intermédiaire, qui se situe entre le communisme et le libéralisme. (...) Je suis convaincu que le libéralisme est voué au même échec que le communisme, et qu'il conduira aux mêmes excès. L'un comme l'autre sont des perversions de la pensée humaine. (...) Je ne crois pas au libéralisme qui est, à mon avis, une forme de déviance." (cité par Pierre Péan, dans L'inconnu de l'Elysée, Fayard, 2007, page 459).

Daniel Garrigue, député ex-UMP de Dordogne, se disant gaulliste, social et européen : "Au sein de l'UMP, les gaullistes sont de plus en plus marginalisés, on est de plus en plus dans du néolibéralisme, avec des positions qui varient au jour le jour selon l'humeur du président" (Nouvelobs.com, 5 décembre 2008). "La vérité, c'est que, dans ces régions [du grand Sud-Ouest : Poitou-Charentes, Limousin, Aquitaine, Midi-Pyrénées], où nous nous sommes implantés derrière le général de Gaulle, derrière Jacques Chaban-Delmas et derrière Jacques Chirac, le discours néolibéral et atlantiste du président de la République ne passe pas" (Le Monde.fr, 8 décembre 2008).

François Hollande (PS) : "Je suis moi aussi de gauche et antilibéral" (Libération, 6 novembre 2006).

"Il ne faut plus dissocier les mots écologie, social et humanitaire. Tout cela est en train de se combiner. On a tous l'obligation de répartir la richesse. Pour cela, il faut trouver des mécanismes innovants. (...) Nous sommes condamnés à ce que les Etats interviennent. C'en est fini du libéralisme. (...) Pardon de le dire mais je suis plus séduit quand je discute avec un Cohn-Bendit ou avec un Besancenot. Si ces gens-là pouvaient s'affranchir complètement de leur carcan idéologique, ils seraient vraisemblablement plus porteurs de nouveauté et de réalisme que les autres." Nicolas Hulot, Journal du Dimanche, 30 mars 2008.

"Que Dominique Strauss-Kahn connaisse parfaitement le système français et que la régulation fasse partie de ses principes est vraiment une bonne chose, à un moment où il y a beaucoup de libéraux qui détiennent des postes importants dans les institutions financières", a déclaré Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, cité par Philippe Bolopion et Alain Faujas dans leur article publié dans Le Monde.fr le 27 octobre 2008 : "Le conseil d'administration du FMI blanchit mais sermonne Dominique Strauss-Kahn".

"Les artistes se souviendront que nous avons eu le courage politique de rompre enfin avec le laisser-faire et de protéger le droits face à ceux qui veulent faire du net le terrain de leur utopie libertarienne", a lancé M. Mitterrand, s'exprimant devant les députés à l'issue du vote. Source : Yahoo!, 2009-09-15.

Pierre Moscovici : "Être socialiste dans le champ économique, comme dans la façon de voir la société, et être libéral sur le terrain politique, c'est 100 % compatible. Evidemment, ce qui doit être évité, c'est la dérive sociale-libérale dans laquelle le libéralisme économique contamine la pensée socialiste : le socialisme, c'est avant tout la recherche de l'égalité. Mais être socialiste et amoureux des libertés, oui. Historiquement, c'est dans nos gênes" (Le Parisien, 25 mai 2008).

René Ricol, "médiateur du crédit" de la République française : "Je n'ai jamais eu confiance dans le libéralisme débridé pour assurer l'avenir de nos enfants. L'appât du gain est trop fort" (Le Monde.fr, 8 décembre 2008).

Michel Rocard, ancien premier ministre français, député socialiste européen, dans Le Monde du 2 novembre 2008 : "Historiquement, les libéraux - Adam Smith [1723-1790], Thomas Malthus [1766-1864], David Ricardo [1772-1823] notamment - étaient des moralistes, des gens qui avaient une pensée sociale visant à intégrer la liberté humaine dans l'organisation de la société. Pour aucun d'eux, la liberté n'était le droit de faire n'importe quoi, elle avait besoin d'être canalisée par des règles.
La crise actuelle ne remet pas en cause le libéralisme. En revanche, elle sonne le glas de l'ultralibéralisme, cette école de pensée criminelle (sic) fondée par Milton Friedman [1912-2006] qui voulait croire que l'équilibre du marché est optimal et que moins on a de règles, plus on a des chances d'arriver à 'l'optimalité'. Elle a imprégné la droite américaine et une partie de la droite européenne. Elle a heureusement épargné les chrétiens-démocrates allemands et la droite française, encore très gaulliste".

Ségolène Royal : "Bertrand Delanoë a déclaré 'je n'ai pas envie de pouvoir'. Ca tombe rudement bien, parce que moi, si (...) J'ai envie de pouvoir agir, avec beaucoup d'autres, pour produire et distribuer autrement les richesses, pour garantir à chacun un avenir meilleur, pour lutter contre les excès insupportables du capitalisme et tout ceci n'a rien de libéral. Ma conviction, c'est qu'au XXIe siècle, être libéral et socialiste, c'est totalement incompatible" (Le Monde.fr, 24 mai 2008). "Je ne pourrais jamais dire : je suis libérale. Je ne crois pas qu’il faille réhabiliter ce mot et ce concept. C’est le mot de nos adversaires politiques, (...) synonyme de capitalisme débridé, d’écrasement des bas salaires, de violence" (Libération, 26 mai 2008).

Ségolène Royal persiste et signe. Elle déclare à Matthieu Croissandeau du Nouvel Obs.com : "La page du libéralisme est tournée" (15 octobre 2008).

Selon Reuters, "le président de la République, 'a dit que, pour lui, il était hors de question de se laisser impressionner par les ultra-libéraux', a déclaré Laurent Wauquiez lors du compte rendu de ce conseil décentralisé à Strasbourg". 2007-09-07.

Jeune député de la Haute-Loire, où il succède à Jacques Barrot, Laurent Wauquiez "ne se définit pas du tout comme un libéral, égratignant au passage un capitalisme qui fait perdre la vision de la durée et la notion de l'homme". (Paris-Match, 25 août 2005)



2009-09-14

Monuments publics, monuments privés

La différence entre Paris et New York, c'est que les monuments emblématiques de la ville sont publics en France, privés à NY.

Quels sont les plus beaux monuments privés, appartenant à une personne physique ou à une entreprise non publique, de Paris, selon vous ?

2009-09-13

Week-end

Bienvenue à Robinson sur le réseau LHC (également disponible sur Twitter).

Certains d'entre vous sont-ils à la Fête de la liberté ce week-end à Paris ? Racontez-nous !

Quelques items ont été ajoutés à la liste des critères pour trouver le pays francophone le plus libéral, ou faire avancer la France vers plus de libéralisme...